Etudiante en lettres et en journalisme, folle de théâtre, je baladais mon nagra dans les salles de spectacle bordelaises, puis je passais des heures à monter ces entretiens diffusés par Radio Campus dans une émission animée par Philippe Rouyer, professeur à l’université de Bordeaux.
C’est dans cet antre que Claude Fouchier, ancien grand reporteur de RTL, m’a recrutée. J’ai eu la chance d’apprendre mon métier avec cet homme de presse exceptionnel au sein de AV-Communication, l’agence qu’il avait créée et pour laquelle j’ai travaillé de 1993 à 1998.
L’été,  j’allais couvrir le festival d’Avignon d’abord pour Europe 2, puis pour Radio France Vaucluse.
J'allais au grand raout du In, mais j'aimais aussi les petites salles et leurs miracles : ainsi en 1993, dans le Off du Off, une actrice remarquable avait interprété « Noces » d’Albert Camus… Nous étions à peine trente spectateurs, trente bienheureux émerveillés par ce moment unique. Catherine Camus, sa fille, était dans la salle. Très émue mais toute en retenue, elle avait loué cette prestation exceptionnelle et confidentielle… Nous n’avions été qu’une trentaine de témoins, mais grâce à la radio, j’avais pu le raconter à beaucoup plus.
C’est cela qui me fait courir : faire partager les instants de grâce qui nous tombent dessus quand on ne s’y attend pas…

Depuis 1998, j’ai réalisé ou co-réalisé une vingtaine de documentaires et de reportages de long format sur des sujets de société, éducatifs, culturels, pour les grandes chaînes de télévision.

Très impliquée dans les problématiques qui touchent les enfants en difficulté, je les ai filmés à l’étranger, en Inde, au Maroc, des gosses des rues qui déployaient une énergie formidable pour s’en sortir.
Remise de la mention spéciale du jury par l’Association Enfance Majuscule pour le documentaire  « Enfants en souffrance : la honte », avec Pauline Legrand, co-réalisatrice.
Le jour de la remise du prix, Boris Cyrulnik a exprimé sa sidération devant la découverte de faits aussi graves qui se passent dans la protection de l’enfance.



Et aussi…
À 20 ans, étudiante en lettres, je voulais devenir professeur de français, libraire, ou lectrice de manuscrits pour une maison d’édition... Je ne l’ai pas fait, mais je me venge en consacrant mon peu de temps libre à la littérature…



J’ai filmé des professeurs dans des collèges et des lycées, je me suis intéressée au renouveau de l’internat et plus récemment aux enfants placés dans des foyers ou dans des familles d’accueil.
J’ai aussi réalisé des reportages d’investigation. La diffusion de celui consacré aux tutelles a fait évoluer la loi sur la protection des personnes vulnérables.
J’ai toujours l’espoir d’aider à améliorer le sort des personnes les plus fragiles et à mettre en avant ceux qui n’ont jamais la parole.
J’aime le moment intime et très fort où un témoin se sent à sa place devant la caméra et décide alors de nous offrir un peu de lui…

Dans le domaine culturel, j'ai réalisé des portraits de personnalités de la Littérature (Jean-Christophe Rufin) ou bien de la mode (Christian Lacroix, Jean-Charles de Castelbajac).

Avec Bernard Laine, nous avons écrit « Enfants en souffrance : la honte » publié par Fayard et j'ai réalisé, avec Pauline Legrand, un documentaire sur le même thème. Ces Documents ont été les outils de référence de la Ministre de la Famille, Laurence Rossignol, dans sa démarche pour améliorer le système de la Protection de l’enfance.

Ce documentaire vient d’être nominé pour le prix Impact du Festival International du Grand Reportage d'Actualité et du Documentaire de Société parrainé par Amnesty International qui récompense des films ayant provoqué des « changements tangibles, positifs et concrets ». Il a aussi reçu la mention spéciale du jury du prix Média 2015 de l’association Enfance Majuscule.